Le transport adapté : bien plus qu’une ligne budgétaire

Au cours des derniers mois, le gouvernement du Québec a modifié les paramètres de financement du transport adapté. En choisissant de plafonner à long terme sa contribution financière en fonction de la demande observée en 2024, alors que celle-ci est appelée à croître de façon soutenue sous l’effet du vieillissement de la population et de l’évolution démographique, il crée un écart grandissant entre les ressources disponibles et la réalité sur le terrain.

Ce changement de cap risque de compromettre des milliers de déplacements au cours des prochaines années et d’ébranler le principe du zéro refus, au cœur même de la mission des organismes de transport du Grand Montréal. Celui-ci traduisait jusqu’ici une volonté collective simple, mais fondamentale : garantir à toute personne admissible l’accès aux déplacements dont elle a besoin, sans égard à sa condition et au motif de son déplacement.

Or, derrière ces choix budgétaires se cachent des conséquences bien concrètes. Pour des milliers de personnes, il s’agit de pouvoir se rendre au travail, à l’école, à un rendez-vous médical ou à une activité essentielle du quotidien. Pour plusieurs, le transport adapté est la clé de leur autonomie, de leur inclusion sociale et de leur participation à la vie de leur communauté. Dans bien des cas, l’accès aux soins et le maintien de leur santé en dépendent directement.

Lorsque le financement cesse d’évoluer au rythme de la demande, les répercussions se font inévitablement sentir sur le terrain. Ce sont des usagers dont la mobilité devient plus précaire. Ce sont des organismes de transport contraints de composer avec des ressources insuffisantes pour répondre aux demandes grandissantes. Ce sont aussi des familles qui s’inquiètent de la capacité de leurs proches à maintenir leur indépendance et leur qualité de vie.

Soyons clairs : le transport adapté n’est pas un privilège et ne doit jamais le devenir. Les usagers ne devraient jamais avoir à porter le poids de décisions budgétaires prises loin de leur réalité quotidienne. Dans un Québec qui se respecte, personne ne devrait avoir à se demander s’il pourra continuer à se déplacer demain.

À l’approche des prochaines élections, nous appelons l’ensemble des partis politiques à s’engager clairement à préserver ce service essentiel. Pour y parvenir, il faudra garantir un financement qui évolue au même rythme que la demande, maintenir le principe du zéro refus et donner aux organismes de transport les moyens de planifier leurs activités de manière durable et prévisible.

Nous avons la responsabilité collective d’assurer l’avenir du transport adapté. C’est pourquoi nous continuerons à nous mobiliser afin que les choix qui seront faits au cours des prochains mois reflètent les valeurs de solidarité, d’équité et d’inclusion qui définissent notre société.

Signataires

Regroupement des usagers du transport adapté et accessible de l’île de Montréal (RUTA Montréal)

Action Femmes et Handicap

Association d’Entraide des Personnes Handicapées Physiques de Montréal (ALPHA)

Association des usagers du transport adapté de Longueuil (AUTAL)

Association lavalloise pour le transport adapté (ALTA Laval)

Association québécoise des personnes aphasiques (AQPA)

Comité régional pour l’autisme et la déficience intellectuelle (CRADI)

Corporation L’Espoir

Ex Aequo

INCA

La COPHAN

La joie des enfants

Moelle épinière et Motricité Québec (MÉMO-QC)

Parents pour la déficience intellectuelle (PARDI)

Piétons Québec

Regroupement des aveugles et amblyopes du Montréal Métropolitain (RAAMM)

Regroupement des usagers du transport adapté de Châteauguay (RUTAC)

Regroupement des usagers du transport adapté Des Patriotes (RUTADP)

Regroupement des usagers du transport adapté de Lanaudière (RUTAL)

Regroupement des usagers du transport adapté et collectif MRC Rivière-du-Nord (RUTA MRC RDN)

SP Canada Montréal

Sans oublier le sourire

Table des groupes de femmes de Montréal (TGFM)

Trajectoire Québec

TROVEP Montréal